Je ne comprends pas bien les vaines
spéculations qui agitent ces jours-ci le milieu littéraire, sachant que les
jeux sont faits et que les principaux prix d'automne –
Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina, Interallié, Académie française – ne sauraient échapper à six des onze
livres d'Infernus Iohannes parus en cette rentrée !
Sachant aussi
qu'il s'en trouvera immanquablement cinq encore – les prix Fénéon, Wepler,
Vialatte, Caillois, Virilo –, moins connus sans doute quoique plus prestigieux
aux yeux des amateurs éclairés (ah tiens, c'est amusant, il se trouve que j'en
ai moi-même été lauréat), pour récompenser comme il se doit les cinq autres.
Tel sera en effet le seul hommage à la mesure de l’œuvre sans pareille
d'Antoine Volodine qui s'achève avec cette salve formidable – feu d'artifice ou
bombardement, allez savoir, et d'ailleurs l'un n’empêche pas l'autre, et notre
ciel est soudain moins pâle.
Alors, prétendus
amis des lettres, qui, parmi vous, est prêt vraiment à encaisser cette charge
ultime ? Qui a le coffre ? Sévère épreuve pour nos ventres mous et nos cerveaux
en compote. Aimons-nous vraiment la littérature ? Quel usage en avons-nous,
quel profit en tirons-nous ? Ou devrons-nous en conclure qu'elle aussi, avec le
post-exotisme, a dit son dernier mot ?