jeudi 10 septembre 2026

6330

Sous un troisième nom, je publie également des romans du terroir aux éditions Les Sabots crottés. Là encore, le succès se dérobe. Serait-ce une fatalité, cette faillite de toutes mes entreprises ? Ma trilogie bourguignonne, Tu la sens, ma queue, tu la sens ?, fut un échec pas même retentissant.

 

Je revins alors avec une saga provençale, Un Pygmée à Times square. Au cours des trois mois suivants, je retrouvai dans des boîtes à livres, rageusement raturés, onze des douze exemplaires écoulés…

 

Les Androïdes ne mangent pas de chili con carne devait s’inscrire dans l’histoire et le paysage berrichons, mais j’avoue que je travaille à ce livre avec un manque d’enthousiasme assez nouveau pour moi.

mercredi 9 septembre 2026

6329

Encore une année sans baise dans la vie de Zobulon. Plus mou que moi, tu fonds. Panne sèche. Tels sont les titres de mes trois premiers écrits pornographiques.

 

Leur insuccès fulgurant (dès le jour de leur parution, ils ont rassi comme des petits pains) et le refus consécutif de mes manuscrits suivants par les éditions Nuit Torride m’incitèrent à faire évoluer le personnage de Zobulon.

 

Je proposai donc coup sur coup Vœu de chasteté, Jamais le premier soir ni les soirs suivants et Y a pas que le sexe dans la vie, lequel je tiens pour mon chef-d’œuvre dans le genre, mais qui fut boudé comme les précédents. Sans doute ai-je franchi une ligne rouge. Même les lecteurs les plus libertins ont ces étranges pudeurs.

mardi 8 septembre 2026

6328

Je comptais beaucoup sur cette œuvre parallèle, modestement signée d’un pseudonyme, pour vivre enfin comme un pacha de mes revenus d’auteur, mais il me faut bien admettre aujourd’hui que mes dix-neuf romans pornographiques se sont vendus moins bien encore que mes autres livres…

 

Et je ne m’explique pas pourquoi. J’y mets en scène un héros récurrent, Zobulon, frappé par l’andropause, affligé d’impuissance et doté par la nature d’un pénis ridiculement petit. Un personnage attachant, donc, mais qui n’a pas su séduire le lectorat, contre toute attente.

 

Cependant, je ne renonce pas. On connaît ma ténacité dans le domaine ingrat du commerce des livres, laquelle ne s’est jamais laissé décourager par la mévente. Dans le roman que je suis en train d’écrire, Zobulon va aux putes. Ça ne se passe pas très bien pour lui.

lundi 7 septembre 2026

6327

Comment réussissons-nous à avancer, sachant que les routes opèrent en même temps leur demi-tour ?

 

Puis soudain, l'échelle a besoin de moi pour visser l'ampoule.

 

Mais surtout, il n’est de vrai riverain que le héron.

 

[Reprise du Marathon autofictif, de Christophe Brault, à la Maison de la poésie (que je remercie vivement de nous inviter pour une nouvelle saison), le samedi 19 septembre à 19h30. Il est recommandé de réserver.]

dimanche 6 septembre 2026

6326

Sur les autres planètes habitées, ils se demandent le nez en l’air et tout en réprimant un léger frisson d’angoisse ce que peuvent bien être ces objets volants qui apparaissent parfois dans le ciel et qui se meuvent si bizarrement. Il doit s’agir de nos parapentes.

 

Je lis L'Imm..., d'André G.

Mais Oraliste, de Ide, ou Atériel, de Orz ?

 

Comme elle est lourde, cette bêche, fossoyeur ! Une pelle à poussière ne te suffit donc pas ?

samedi 5 septembre 2026

6325

Oh là là, quel grand désordre ! Nous n'étions pas du tout préparés ! Voilà soudain qu'Éole pour changer avait décidé d'aspirer !

 

Son plateau lui échappe. Mais il n’y avait rien dessus. Encore un acte manqué.

 

Tous les matins, au saut du lit, il prend son talon pour l’entame d’une vie nouvelle. Puis chausse ses mules.

 

[J’ai écrit la préface de Préférer ne pas, le très désopilant essai de Roger Price qui paraît aux éditions L’Arbre vengeur.]

vendredi 4 septembre 2026

6324

Je dispose d'un radeau amarré à Port-Joinville et d'un deuxième à l'amarre dans le petit port de Nernier, faits de planches jointoyées comme tous les autres bancs.

 

Sur ce point, le contrat n’est pas très clair. Quand exactement prend fin le suivi d’obsèques ?

 

Pour un tambour acheté, un saladier offert – la calebasse.