Il aimait peindre et dessiner des squelettes fantasques et rieurs. Certains jouent même à la pétanque avec leur crâne. D’une créativité et d’une inventivité prodigieuses, inlassables, recycleur génial d’ardoises, de cartes de visite ou de boîtes de sardines, il aurait fallu le laisser chiner notre vieille planète abîmée, il en aurait fait un monde tout neuf, riche en surprises, favorable à tous les destins. La mort accidentelle de Philippe Favier est un grand malheur. Une main si belle qui se fige.
Philippe a illustré et sublimé de son trait net
et précis – qui est pourtant aussi une écriture imprévisible – sept de mes
livres aux éditions Fata Morgana, récemment encore Ohé Pimoe. Et j’ai
moi-même écrit des textes pour accompagner ses Aquarelles de guerre exposées
à la Maison des arts de Bages en 2019.
Le 30 octobre dernier, il nous invitait, mon
beau-père Bruno Duborgel et moi, à signer nos livres à la galerie Ceysson &
Bénétière de Lyon où il exposait. Bruno et Philippe, deux amis de longue date morts à trois
semaines d’intervalle. Certaines soirées joyeuses sont de tristes cérémonies
d’adieu mais nous ne le savons pas.