Me
voici dans la Cité des Doges où je me suis transporté, animé
encore de la fièvre révolutionnaire qui embrase en ce moment la
France. Mais devant tous ces palais à taguer, tous ces campaniles à
incendier, tous ces musées à piller, sans compter tout le verre de
Murano à casser, une certaine fatigue me prend. Puis je n'ai pour
accomplir ma tâche qu'une toute petite semaine...
Aspirer
puis souffler, c’est respirer. Si tu fais le contraire, c’est que
tu bois une soupe.
L'Escalier
d'Or du Palais des Doges est surmonté d'un groupe statuaire terrible
représentant Hercule terrassant l'hydre. Le colosse brandit sa
lourde massue pour écraser la bête dont la tête est aujourd'hui
hérissée de piques anti-pigeons, comme si l'épouvantail n'était
pas jugé assez menaçant pour effrayer les piafs ni le bras du héros
assez puissant pour réduire ces indésirables en bouillie avec le
monstre, d'un coup d'un seul. Notre époque ne croit décidément
plus en rien.