mercredi 14 janvier 2026

6111

Première note de L’Autofictif.

 

Deuxième note de L’Autofictif.

 

Troisième note de L’Autofictif… C'est bien, vous pouvez maintenant arrêter de scroller.

mardi 13 janvier 2026

6110

Déboisement brutal. Encore quatre mille hectares de forêt fauchés en quelques heures. Les camions du service d’entretien municipal de Dijon ont collecté hier soir les sapins de Noël au pied des immeubles.

 

Je relance dans mon assiette les dés de betterave mais la chance ne me sourit pas davantage : ce sont toujours des dés de betterave.

 

La langue ayant tout à fait l’aspect, la forme et la consistance d’une gomme, comment expliquer que tant de conneries sortent pourtant de notre bouche ?

lundi 12 janvier 2026

6109

Il semblerait que le monde soit gouverné par un tyran insane et ivrogne. La planète agonise sous sa coupe, des conflits armés l’ensanglantent, une dernière vague enfle qui va l’engloutir avant de s’évaporer, tandis que nous déléguons notre intelligence à des robots afin de n’avoir plus à nous soucier que d’être bêtes.

 

Mais, de son côté, la littérature s’est assagie. Elle milite pour les justes causes, elle se défie des excès, elle sacrifie la fable à sa moralité, elle rachète nos péchés, mieux disposée envers le lecteur que la charogne envers le vautour, elle restaure les liens familiaux, elle se veut empathique, thérapeutique.

 

Heu… ne devrait-ce pas être le contraire ? Ne conviendrait-il pas plutôt de gouverner le monde avec sagesse, mesure et équité, et, pour la littérature, de ne rien s’interdire, nulle outrance de l’imagination, la cocasserie, la fantaisie, la noirceur, toutes les folies ? Remettons donc les choses à leur place : laissons écrire Trump, Poutine et King-Jong-un, et confions aux écrivains l’administration bien comprise de ce monde.

dimanche 11 janvier 2026

6108

Qu’est-ce qu’il a encore été inventer ? Comme je me demande cela, très angoissé, je ne pense pourtant pas à la dernière bêtise de l’insupportable petit voisin, mais à la nouvelle prouesse numérique du génie de la tech.

 

plus rien qui pèse ou qui pose

poésie s’essore de la prose

par ostéoporose

 

Le mime osa le fard jaune et se planta en beauté.

samedi 10 janvier 2026

6107

(Au café)

– Mais pardon, vous attendez peut-être quelqu’un ? me demande l’homme en s’emparant de la chaise inoccupée devant moi.

– Oui, la Beauté, mais je vais l’asseoir sur mes genoux.

 

L’harmonie interprète une marche militaire, puis la fanfare un requiem.

 

Le crapaud immobile attend que s’ouvre sa croisée pour se défenestrer à nouveau et s’écraser au sol.

vendredi 9 janvier 2026

6106

Il y aurait un joli village englouti dans la vallée de larmes, où chantait une fontaine.

 

Pourquoi le papillon écrit-il partout le mot libellule ?

 

... tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac toc toc, c’est la mort qui frappe.

  

[Parution aujourd’hui aux éditions L’Arbre vengeur de L’Autofictif enneige le Fuji, dix-huitième volume de ce journal. Absent de toutes les mauvaises librairies, ce livre peut être commandé directement à l’éditeur.]

 

jeudi 8 janvier 2026

6105

Mais cela ne nous dit pas de quel pis nous tirerions le vin si nous obtenions désormais notre lait en pressant la grappe.

 

il a tout donné

enfin il arrive

au stade

 

(Bah, tant que je resterai aussi dru que ma flasque...)

 

[Rappel. Ce soir, nous fêtons les 15 ans de la revue Fixxion à 19 h à la Maison de la poésie, finalement sans Lydie Salvayre (ô tristesse) empêchée.]