lundi 28 septembre 2026

6348

Elle termine sa digestion et elle s’y colle : les prochains volumes de La Comédie humaine seront l’œuvre de l’IA. Le corpus devrait doubler toutes les secondes.

 

Si la mort de l’auteur nous débarrassait de certains gougnafiers auxquels je pense, ce serait au moins un mal pour un bien et peut-être même, in fine, puisque le meilleur ne peut rivaliser avec le pire dans l’ordre du réel, un heureux événement.

 

Autre avantage des livres produits par l’IA, ils seront fournis avec leur résumé et même, pour les plus impatients, avec le mot unique qui les contiendra entièrement et nous dispensera d’en lire plus.

dimanche 27 septembre 2026

6347

LUI – Veux-tu venir dîner demain ?

MOI – D’accord !

LUI – Peux-tu apporter ta chaise, nous risquons d’en manquer ?

MOI – Très bien.

LUI – Et une petite table d’angle.

 

L'oiseau aussi monte au ciel cloué à sa croix.

 

Confier ainsi à un si jeune enfant le soin d’ouvrir pour nous le chemin, de braver les dangers, d’encaisser les chocs, de défricher la broussaille, de renverser les obstacles, me semble assez ignoble, et la poussette décidément une invention abjecte.

 

samedi 26 septembre 2026

6346

Autre conséquence regrettable de ces canicules, le soleil ardent cuit nos sols d’argile et nous nous retrouvons tout à coup juchés sur un toit de tuiles. Acrophobe aux jambes flageolantes, je risque la chute à chaque instant.

 

essuie-tout

mais quand même

surtout du sperme

 

Il faut appeler un chat qui n’est pas là une souris qui danse.

vendredi 25 septembre 2026

6345

LUI – Veux-tu venir dîner demain ?

MOI – Ma foi, avec plaisir !

LUI – Je crois que tu n’aimes pas le poisson ?

MOI – J’y suis même allergique.

LUI – Je te demande ça parce qu’il y en aura. Carpaccio de saumon en entrée, lotte à l’armoricaine ensuite et truite aux amandes pour le dessert.

 

Il fait des progrès au basket – il grandit.

 

Juré, j’AI tout écrit tout seul !

jeudi 24 septembre 2026

6344

Sainte famille que la mienne, mécréants, prosternez-vous ! Le soin de confectionner la mitre et la chasuble que portera le pape Léon XIV, samedi, à l’occasion de sa messe place de la Concorde, a été confié aux ateliers d’arts liturgiques de mes petits-cousins Chevillard, hé oui ! Le Vatican m’a par ailleurs demandé de lui écrire son sermon, comme si je n’avais que ça à foutre !

 

Attention, une oasis ! Prudence… Risque accru de présence humaine.

 

(Mais donc, nous l’habillons sur place. Est-ce à dire que le souverain pontife fait le voyage à poil depuis l’Italie ?)

mercredi 23 septembre 2026

6343

LUI – Veux-tu venir dîner demain ?

MOI – C’est gentil… oui, pourquoi pas ?

LUI – Eh bien, parce qu’il y aura aussi Jeanne et Melchior que tu n’apprécies pas beaucoup, je crois.

MOI – En effet.

LUI – Et Jean-Louis avec lequel tu es en procès, si je ne m’abuse.

 

L’alcool ne tient pas ses promesses. L’ivrogne titube dans les rues sans parvenir à se semer.

 

Ce matin, tout à coup, le soldat inconnu est sorti de son amnésie. Il se rappelle très bien qui il fut. Et compte entreprendre des démarches pour être inhumé auprès de Marthe.

mardi 22 septembre 2026

6342

Petit moment de désarroi collectif, samedi soir à la Maison de la poésie, tandis que Christophe Brault, souffrant pourtant d’un genou, parcourait de sa foulée déliée la 46ème étape de son marathon autofictif. Il en est désormais à l’année 2014 et, le 25 novembre, j’écrivais ceci, qu’il a donc lu sans faillir : « Au moins sait-on avec certitude que le citron précède sa pondeuse. »

 

Flottement dans l’assistance ordinairement très réactive, perplexité non dissimulée de Christophe lui-même, et moi, pas plus fier que les autres, mêmement accablé par l’obscurité de cette énigme. « Au moins sait-on avec certitude que le citron précède sa pondeuse. » Mais qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

 

D’habitude, je retrouve lorsque je les entends l’origine de mes formules les mieux tirées par les cheveux, quelle intuition poétique me les a dictées. Cette fois, chaque interprétation que je risque pour sauver la face est plus décevante que la précédente… Il m’arrive de céder au lâcher-prise émancipateur du nonsense, peut-être que ce fut le cas ce jour-là. Ou bien aurais-je saisi alors une vérité si poignante que nous peinons encore, douze ans plus tard, à la concevoir et à l’admettre lucidement ? Je penche pour cette dernière hypothèse.