lundi 30 mars 2020

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Des articles paraissent sur mon livre confiné. Petit regain de notoriété. Je sors dans la ville, tout enflé de légitime fatuité… Personne pour me reconnaître dans la rue !


Puis c’est agaçant, j’avais une excellente recette d’anguille à l’huile… Impossible de mettre la main dessus !


En plus de cela,  le froid revient. Se confiner ne suffit plus, il faut encore se calfeutrer, s’emmitoufler – au fond de quel nid de coton allons-nous finir ?

dimanche 29 mars 2020

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J’ai rassemblé ma famille autour de la table, la mine grave. Je sais que le confinement est difficile pour tout le monde, ai-je déclaré solennellement. Raison de plus pour se conduire avec loyauté. J’ose donc espérer que va se dénoncer celui ou celle qui, en ayant sans doute fini avec le sien, a profité de la nuit pour ronger le frein des autres. J’attends.


Elle semble téméraire à première vue, résolue, intrépide. Mais l’échelle redescend tout de suite.


– J’attends toujours !


samedi 28 mars 2020

4298

Un peu las de toutes ces vanités qui encombrent les musées, j’ai commencé à peindre une série de modesties. Mais j’ai vite cessé en constatant que le motif était le même : une tête de mort.


Quand je pense que certains mettent à profit tout ce temps pour RElire Eric-Emmanuel Schmitt !


Allons, allons, il reste pourtant quelques bonnes raisons de se réjouir : la fête de la musique pourrait bien être annulée cette année.

vendredi 27 mars 2020

4297

Aïe aïe aïe… le COVID-19 serait en train sournoisement de muter une nouvelle fois et pourrait bientôt se transmettre par télécontagion…


En période de confinement, une saine organisation est primordiale. Ainsi, pour ma part, j’alterne rigoureusement et sans jamais relâcher cette discipline, le vin – qui attaque le foie – et le rhum qui attaque le cerveau –, cuvant l’un tandis que je bois l’autre et conservant ainsi une santé de fer.


On a enfin trouvé la parade. Le frotteur du métro peut se brosser.

jeudi 26 mars 2020

4296

Et vous en trouverez pour prétendre que je ne suis pas un écrivain visionnaire ! Publié en 1987, Mourir m’enrhume prédisait pourtant beaucoup de choses.


Absent de chez moi le jour d’Halloween, j’avais promis à mes filles que ce n’était que partie remise. Elles savent que je tiens toujours parole. Ce soir, donc, comme je m’y suis engagé, nous irons dans la ville sonner à toutes les portes pour réclamer des bonbons.


Je n’ai pas envie de rire. Ce ne serait pas drôle.

mercredi 25 mars 2020

4295

Uderzo est mort hier, non sans avoir eu le temps de dessiner une dernière fois Panoramix, le professeur Raoult, notre druide, dont la potion magique à la chloroquine semble être désormais notre ultime espoir d’éradiquer le mal.


La distanciation sociale, les gestes barrières, il y a bien longtemps que mes livres défendent ces sages principes. Et j’en veux pour preuve qu’il y a toujours entre deux de mes lecteurs une distance saine et hygiénique de plusieurs centaines de kilomètres.


Hier, j’avais la place Saint Marc pour moi tout seul ! Demain, je file voir les chutes du Niagara. 

mardi 24 mars 2020

4294

Suzie me bat à la crapette (nous jouons beaucoup à la crapette ces jours-ci, je me demande bien pourquoi). Du moins le croit-elle. Car devant son triomphe un peu trop ostentatoire, je crois bon de lui rappeler que j’ai posé la première bonne carte. Eh oui, ma belle, la fameuse petite graine. Tu te souviens de ce que nous t’avons expliqué ? J’ai gagné !


Je suis devenu complètement indifférent à la critique. On peut me dire que mon nouveau livre est supérieur au précédent qui était pourtant déjà franchement excellent, ça ne me vexe pas.


Et vous pensez un peu à l’amant confiné dans le placard ?