Première note de L’Autofictif.
Deuxième note de L’Autofictif.
Troisième note de L’Autofictif… C'est bien, vous
pouvez maintenant arrêter de scroller.
Première note de L’Autofictif.
Deuxième note de L’Autofictif.
Troisième note de L’Autofictif… C'est bien, vous
pouvez maintenant arrêter de scroller.
Déboisement brutal. Encore quatre mille hectares de forêt fauchés en quelques heures. Les camions du service d’entretien municipal de Dijon ont collecté hier soir les sapins de Noël au pied des immeubles.
Je relance dans mon assiette les dés de
betterave mais la chance ne me sourit pas davantage : ce sont toujours des
dés de betterave.
La langue ayant tout à fait l’aspect, la forme
et la consistance d’une gomme, comment expliquer que tant de conneries sortent
pourtant de notre bouche ?
Il semblerait que le monde soit gouverné par un tyran insane et ivrogne. La planète agonise sous sa coupe, des conflits armés l’ensanglantent, une dernière vague enfle qui va l’engloutir avant de s’évaporer, tandis que nous déléguons notre intelligence à des robots afin de n’avoir plus à nous soucier que d’être bêtes.
Mais, de son côté, la littérature s’est assagie.
Elle milite pour les justes causes, elle se défie des excès, elle sacrifie la
fable à sa moralité, elle rachète nos péchés, mieux disposée envers le lecteur
que la charogne envers le vautour, elle restaure les liens familiaux, elle se
veut empathique, thérapeutique.
Heu… ne devrait-ce pas être le contraire ?
Ne conviendrait-il pas plutôt de gouverner le monde avec sagesse, mesure et
équité, et, pour la littérature, de ne rien s’interdire, nulle outrance de
l’imagination, la cocasserie, la fantaisie, la noirceur, toutes les
folies ? Remettons donc les choses à leur place : laissons écrire
Trump, Poutine et King-Jong-un, et confions aux écrivains l’administration bien
comprise de ce monde.
Qu’est-ce qu’il a encore été inventer ? Comme je me demande cela, très angoissé, je ne pense pourtant pas à la dernière bêtise de l’insupportable petit voisin, mais à la nouvelle prouesse numérique du génie de la tech.
plus rien qui pèse ou qui pose
poésie s’essore de la prose
par ostéoporose
Le mime osa le fard jaune et se planta en
beauté.
(Au café)
– Mais pardon, vous attendez peut-être
quelqu’un ? me demande l’homme en s’emparant de la chaise inoccupée devant
moi.
– Oui, la Beauté, mais je vais l’asseoir sur
mes genoux.
L’harmonie interprète une marche militaire,
puis la fanfare un requiem.
Le crapaud immobile attend que s’ouvre sa
croisée pour se défenestrer à nouveau et s’écraser au sol.
Il y aurait un joli village englouti dans la vallée de larmes, où chantait une fontaine.
Pourquoi le papillon écrit-il partout le mot libellule ?
... tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac
tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac tic tac toc toc, c’est la mort qui frappe.
[Parution aujourd’hui aux éditions L’Arbre
vengeur de L’Autofictif enneige le
Fuji,
dix-huitième volume de ce journal. Absent de toutes les mauvaises librairies,
ce livre peut être commandé directement à l’éditeur.]
Mais cela ne nous dit pas de quel pis nous tirerions le vin si nous obtenions désormais notre lait en pressant la grappe.
il a tout donné
enfin il arrive
au stade
(Bah, tant que je resterai aussi dru que ma
flasque...)
[Rappel. Ce soir, nous fêtons les 15 ans de la revue Fixxion à 19 h à la Maison de la poésie, finalement sans Lydie Salvayre (ô tristesse) empêchée.]