mardi 25 juin 2024

5776

Derrière cette palissade, il y a un terrain vague. On y trouve parfois une montagne, parfois la mer.

 

Moi, j’écrivais aussi pour le rhinocéros blanc du Nord, le phoque moine des Caraïbes et l’ara de Spix. Mais décidément, tous mes lecteurs disparaissent.

 

On ne lui connaît que de larges poutres et pourtant, c’est indéniable, la charpente régulièrement fait craquer ses phalanges.

lundi 24 juin 2024

5775

Je vois enfin s’ouvrir devant moi ce temps merveilleux auquel j’aspire depuis mon plus jeune âge, une vieillesse grincheuse et misanthropique entièrement vouée à la déploration, au ricanement et aux anathèmes. Ça se mérite. Tout le monde n’arrive pas jusque-là.

 

Trop frisé pour être funambule.

 

Tapis de mousses et de fleurettes. Un oiseau jaune et bleu chante sur une branche basse. Que n’existe-t-il des pantoufles de jardin !

dimanche 23 juin 2024

5774

Non seulement la plupart d’entre nous ne possédons aucun des savoirs techniques sur lesquels notre civilisation repose (à poings fermés), mais nous sommes même incapables d’allumer un feu avec deux pierres ou deux bâtons comme le plus empoté des Cro-Magnon. Notre incompétence aussi a fait de remarquables progrès.

 

Tout ce verre jeté par les fenêtres !

 

Ma main se glisse avec l’enveloppe dans la fente de la boîte aux lettres. Mais à quoi bon écrire si j’y vais aussi ?

samedi 22 juin 2024

5773

Certains aiment les haricots. D’autres les détestent. Ne seraient-ce pas là des passions excessives concernant une aussi fade légumineuse ? Vidons tranquillement notre assiette et restons-en là avec elle, voulez-vous.

 

Mieux vaut pas non plus baiser sur la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

 

Je frémis toujours quand la louche plonge dans le potage. Que peut-elle remonter d’autre, en effet, que le globe oculaire d’un monstre des profondeurs ? Un sein, suggérait, mieux luné, Malcom de Chazal. Pauvres poètes que nous sommes : encore une patate.

vendredi 21 juin 2024

5772

Salon désert. Trois fauteuils et un canapé vides autour d’une table basse. Quelle paix ! On se comprend en silence. Il n’y a pas que la nature sauvage qui se passe très bien de la présence humaine.

 

Il a le bras long et la main baladeuse : il chatouille la sénatrice.

 

Une enfance écrite à la craie sur des toits d’ardoise lointains. Il a plu. J’ai vécu.

jeudi 20 juin 2024

5771

Cette injonction si discriminante pour les femmes à s’épiler les jambes ou la moustache pourra être combattue dès l’enfance dans nos représentations grâce à cette invention dont je suis fier et qui réjouira fillettes et garçonnets : la poupée en peluche.

 

Mois de mai et juin si pluvieux que j’ai commencé à empoissonner les flaques dans mon jardin. C’est que vont se faire rares les lapins dont je déjeunais.

 

Par quel mystère, s’il faut en croire l’étiquette au dos de la barquette, se trouverait-il de possible traces de crustacé dans cet houmous ? Affecterait-on des crabes au broyage des pois chiches ?

mercredi 19 juin 2024

5770

Ne pas se laisser aller physiquement, tentation fréquente à mon âge. Aussi ai-je décidé de reprendre progressivement une activité sportive. Je suis un peu rouillé, bien sûr, mais j’espère tout de même conduire mon équipe jusqu’à la finale de l’Euro de football.

 

J’enchaînerai avec Wimbledon, si toutefois les organisateurs acceptent de programmer mes matchs après l’arrivée des étapes du Tour de France sur lequel je serai aligné également. Puis il sera temps de rejoindre le Stade de France pour rafler quelques médailles aux Jeux Olympiques. L’US Open arrivera très vite ensuite. Ça devrait se jouer entre Sinner, Alcaraz et moi.

 

Petit décrassage estival mais, dès la rentrée, j’ai bien l’intention de m’y remettre sérieusement.