la jupe
connaît
un raccourci
le feu
couve
son euf
s’en met trop
du parfum
la lavande
J’ai revu le cygne de Nernier, au bord du Léman, sur son nid de bois flottés et je me suis assis non loin d’elle (puisqu’il s’agit d’une femelle, comment en douter ?) sur la plage de galets. Comptant sur ma vigilance (je veux le croire, puisque le mâle supposé éloigner les intrus et braver les périls ne s’est jamais montré), elle s’est alors levée pour se dégourdir les pattes, découvrant un œuf unique, de belle taille, couleur vert-de-gris.
Poché, mollet, au plat, à la coque, en
omelette… ? Ces cinq idées me sont venues presque simultanément. C’est
dire si j’ai l’esprit fécond.
Mais bien sûr, je n’ai pas touché à ce trésor.
Respect de la nature. De la vie qui va naître. De sa fragilité qui la rend si
précieuse. De la noble abnégation et admirable patience du cygne. Et puis, ce
vert-de-gris… poison !
Particulièrement sournois, le cancer du dos vous suit pendant des années à votre insu, guettant l’occasion de vous frapper lâchement entre les omoplates.
Sans les vers de farine tant honnis, il n’y
aurait pourtant pas ces trous dans la mie qui la rendent si légère, aérienne et
digeste.
Je pêchai l’ablette depuis des heures, sans
succès, et soudain, voilà que je sors une truite ! Patience récompensée.
Mon asticot s’était changé en mouche.
Passante dont la beauté fige cruellement le monde dans sa laideur, pourquoi ton visage si bien démasqué ne nous expose-t-il pas plutôt à la contamination ?
J’ai tout ce qu’il faut dans ma trousse de
première urgence : gomme, blanco, effaceur d’encre.
Plus
redoutable que le requin, le poisson-clown est responsable chaque année de la
noyade de très nombreux petits nenfants.
Oh, cette voisine si bavarde… ! Quand enfin elle consent à se taire et à m’écouter, elle accueille mes paroles avec un jeu de grimaces, de rictus et de mimiques si expressionniste que j’ai encore l’impression de ne pas réussir à en placer une.
Affligés du syndrome de Diogène, nous stockons
tous nos déchets nucléaires dans l’appart.
Banquette élimée ou tabouret branlant, puisque
nous n’aurons jamais affaire en toute circonstance qu’à la brebis galeuse ou au
canard boiteux.
Ils ne sont pas nombreux, les mécènes disposés à investir dans l’art de la paresse, même pour défendre les meilleurs de la discipline. J’ai beau m’engager à frapper de leur logo les rideaux de ma chambre…
déboucher
dans l’impasse
une bouteille
Faire tache d’huile, on épongera, mais tache d’encre, c’est indélébile !
Je traîne entre les tables de la librairie. J’attrape un livre au hasard parmi les parutions récentes, puis un autre, j’ouvre, je feuillette. Mais, comme diraient mes filles, souvent si pertinentes, rien ne va. Alors une fois de plus (je connais le chemin), je descends au sous-sol, rayon papeterie, et j’achète un cahier : puisqu’il faut décidément tout faire soi-même.
Il est des tunnels pourtant dont on ne voudrait
pas sortir – au bout de la charmille, je suis le saule pleureur.
Le poisson rouge nage en rond dans le crachat,
tranquille, il a déjà oublié l’offense.