jeudi 2 juillet 2026

6278

Je l’ai vue venir. Une bien belle idée. Je m’apprêtais à la saisir mais elle n’a fait que m’effleurer en passant et s’est logée dans la tête du type qui marchait derrière moi.

 

Mais aussi, pourquoi demandons-nous au frêle espoir de sonder de tels gouffres ?

 

Quand le mal est fait, le mal est fait, qui peut être cependant une délicieuse purée.

mercredi 1 juillet 2026

6277

Troisième imprimante que j’achète en cinq ans… Leur obsolescence programmée n’annoncerait-elle pas surtout la fin de la civilisation de Gutenberg ?

 

Le ventilateur au plafond nous hélitreuille hors de la fournaise.

 

Très courts, nos doigts de pied – c’est qu’on a vite fouillé la chaussette et qu’il n’y a décidément rien de bien intéressant à trouver au fond.

 

mardi 30 juin 2026

6276

il était triton elle était sirène

Bidon et Bedaine

se souviennent

 

devant la fontaine

aux eaux diluviennes

des amours anciennes

 

mais jouvence vaine

Bidon et Bedaine

restent cachalot et baleine

lundi 29 juin 2026

6275

M’expliquera-t-on pourquoi le génie humain, s’il n’est misanthrope, conçoit jour après jour tant d’objets contondants ?

 

J'ai coiffé son bonnet d'âne – il a mangé mon canotier !

 

Ce stylite a d’autant plus de mérite qu’il est complètement bourré et que tangue en conséquence son tabouret de bar.

 

dimanche 28 juin 2026

6274

se tiennent par la main

pour livrer à l’amour

un prisonnier chacun

 

et par la barbichette

le pou du pubis

fait la navette

 

se tiennent par les yeux

par les larmes

et aux cheveux

samedi 27 juin 2026

6273

La canicule tue ceux que traverse l’idée de mourir pour refroidir.

 

Peut-être excessive, cependant, cette campagne de promotion de Jaune soleil. Ça cogne trop fort. On y a mis trop de moyens.

 

Car cette impression que mes os blanchissent dans le sable du Sahara est tout de même désagréable.

vendredi 26 juin 2026

6272

Elle est venue de Tokyo pour étudier à Paris et traduire mon roman Ronce-Rose. Je crois avoir résolu le vieux mystère des disparus ou « évaporés » japonais qui soudain ne donnent plus signe de vie : ils sont tous en France et travaillent à l’impossible traduction de mes livres !

 

Et il a écrit tous ces alexandrins de ses dix doigts !

 

Comme il regrette l’acquisition de ce coupe-ongle ! Car subséquemment, tout émoussé, il lui faut maintenant acheter aussi un coupe-papier, un coupe-cigare, un coupe-jarret et un coupe-gorge !