En dépit des révélations imparables, les lecteurs font un succès du livre de Thélyson Orélien. La plupart des écrivains et chroniqueurs également l’absolvent de toute faute. Dès le premier cas avéré (ici, un clin d’œil complice aux précautions d’usage) de mystification par l’IA, donc, tout le monde s’incline ! Tout le monde s’incline, front contre terre ! Nous conspuons d’une seule voix la vieille religion de l’auteur, ridicule, archaïque, quel prétentieux, ce Proust ! Nous nous dépossédons sans moufter de nos outils les plus fins, le crayon, le pinceau, la clé de sol, soulagés enfin de la besogne si pénible, nous déposons les armes sans combattre. Bienvenue dans le meilleur des mondes… mais abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici !
Parfaitement abject aussi, le soupçon de racisme jeté sur tous les détracteurs de cet ouvrage si peu ouvragé (même si je veux bien croire que des sales casseurs se mêlent comme à chaque fois aux hardis manifestants). Joue au contraire en faveur de Thélyson Orélien une forme de discrimination positive qui me semble aussi infâmante que la pire injure raciste. Pourquoi devrait-il être déclaré non coupable de faux en écriture au prétexte qu’il est Haïtien ? Quel rapport ? Demandons plutôt leur avis sur la question aux écrivains africains francophones qui ont sué sang et encre sur leurs pages et cherchent vainement un éditeur dans notre beau pays…
(Fumée sans feu est aussi nuage sans pluie. Nous allons avoir faim et soif.)