samedi 10 octobre 2026

6360

Je n’aurai rien à redire aux livres rédigés par l’IA quand tous les lecteurs, dans un proche avenir, selon toute vraisemblance, seront eux-mêmes des robots.

 

C’est donc ça le septième ciel, se disait la fille en regardant le plafond.

 

Nous devons le papier à l’arbre puis aussi, mais un peu plus tard, comme pour se racheter, la gomme.

vendredi 9 octobre 2026

6359

Il aura fallu le fendre pour le savoir si tendre et admettre en conséquence que le cœur est une pastèque.


Mon chien de même est né sans queue, sans tête, sans tronc ni pattes – mais il me suit partout et vous ne me verrez jamais sans lui.

 

Embouteillage. Que n’ai-je plutôt ailé ce taxi !

jeudi 8 octobre 2026

6358

Si le bœuf qui tirait notre charrue avait prétendu un beau matin écrire aussi nos livres, n’aurions-nous pas jugé l’heure venue de le découper en quartiers ?

 

Querelle de voisinage. À qui est ce merle posé sur le mur mitoyen ?

 

Voilà pourquoi nous sommes foutus : la littérature est tellement vieille France.

 

mercredi 7 octobre 2026

6357

J’utilise finalement assez peu le fil à couper le beurre.

 

Sa vie n’était que ratage, ennui, solitude. Il se serait donné la mort sans hésiter s’il n’était si attaché encore à ses bonnes nuits de sommeil profond.

 

(Et je rechigne à m’en servir pour la margarine, sachant qu’il n’est pas vraiment fait pour ça.)

mardi 6 octobre 2026

6356

En dépit des révélations imparables, les lecteurs font un succès du livre de Thélyson Orélien. La plupart des écrivains et chroniqueurs également l’absolvent de toute faute. Dès le premier cas avéré (ici, un clin d’œil complice aux précautions d’usage) de mystification par l’IA, donc, tout le monde s’incline ! Tout le monde s’incline, front contre terre ! Nous conspuons d’une seule voix la vieille religion de l’auteur, ridicule, archaïque, quel prétentieux, ce Proust ! Nous nous dépossédons sans moufter de nos outils les plus fins, le crayon, le pinceau, la clé de sol, soulagés enfin de la besogne si pénible, nous déposons les armes sans combattre. Bienvenue dans le meilleur des mondes… mais abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici !

 

Parfaitement abject aussi, le soupçon de racisme jeté sur tous les détracteurs de cet ouvrage si peu ouvragé (même si je veux bien croire que des sales casseurs se mêlent comme à chaque fois aux hardis manifestants). Joue au contraire en faveur de Thélyson Orélien une forme de discrimination positive qui me semble aussi infâmante que la pire injure raciste. Pourquoi devrait-il être déclaré non coupable de faux en écriture au prétexte qu’il est Haïtien ? Quel rapport ? Demandons plutôt leur avis sur la question aux écrivains africains francophones qui ont sué sang et encre sur leurs pages et cherchent vainement un éditeur dans notre beau pays…


(Fumée sans feu est aussi nuage sans pluie. Nous allons avoir faim et soif.)

lundi 5 octobre 2026

6355

Considérant que le péril d’une guerre nucléaire augmente chaque année, David Gross, prix Nobel de physique, au terme de rigoureux calculs de probabilité, prédit la fin de l’humanité pour 2061. Cela dit, il ne prend pas trop de risques sachant que je serai alors âgé de 97 ans.

 

Presque toute la poire est tombée au fond.

 

Je ne comprends pas très bien comment la tache d’huile fait boule de neige ni davantage comment la boule de neige fait tache d’huile.

dimanche 4 octobre 2026

6354

À en croire les spécialistes, si les abeilles disparaissaient, il ne se passerait pas cinq années avant que le miel ne manque pour combler, sur nos tartines, les trous de la mie.

 

Nous pouvons également le déplorer, la pratique de la rature est en train de se perdre.

 

Au reste, et si la fraîche rosée matinale était plutôt la sueur d’un monde qui ne dort jamais ?