Certains jours, le coup de vieux est aussi brutal qu’un coup du lapin et te laisse pareillement voûté et grimaçant. D’abord, une de tes dents trop usée se casse en deux sur l’ongle qu’elle prétendait couper…
… puis la radio t’informe sans ménagements que
tu appartiens à une génération d’écrivains et de lecteurs qui appréciaient les
petites afféteries stylistiques dont ne s’embarrasse plus aujourd’hui la
littérature, plus vivante et désireuse de prendre en charge le grand récit du
monde.
Comble d’infortune, au soir de cette belle
journée, alors que traînant ta valisette en tissu écossais tu te résignes à
franchir la porte de l’EHPAD de ton quartier, c’est pour apprendre qu’il n’y a
plus de place et que l’attente risque d’être longue, longue, longue.