lundi 24 août 2026

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Je ne comprends pas bien les vaines spéculations qui agitent ces jours-ci le milieu littéraire, sachant que les jeux sont faits et que les principaux prix d'automne Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina, Interallié, Académie française – ne sauraient échapper à six des onze livres d'Infernus Iohannes parus en cette rentrée !


Sachant encore qu'il s'en trouvera immanquablement cinq autres – les prix Fénéon, Wepler, Vialatte, Caillois, Virilo –, moins connus sans doute quoique plus prestigieux pour les amateurs éclairés (ah tiens, c'est amusant, il se trouve que j'en ai moi-même été lauréat) pour récompenser comme il se doit les cinq autres. Tel sera en effet le seul hommage à la mesure de l’œuvre sans pareille d'Antoine Volodine qui s'achève avec cette salve formidable – feu d'artifice ou bombardement, allez savoir, et d'ailleurs l'un n’empêche pas l'autre, et notre ciel est soudain moins pâle.


Alors, prétendus amis des lettres, qui, parmi vous, est prêt vraiment à encaisser cette charge ultime ? Qui a le coffre ? Sévère épreuve pour nos ventres mous et nos cerveaux en compote. Aimons-nous vraiment la littérature ? Quel usage en avons-nous, quel profit en tirons-nous ? Ou devrons-nous en conclure qu'elle aussi, avec le post-exotisme, a dit son dernier mot ?