jeudi 12 mars 2026

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Tous ceux qui me connaissent vous le diront, je suis possédé par le démon de la coïncidence (frère jumeau du démon de l’analogie qui m’est également familier). J’en trouve partout, c’est ma seule métaphysique, là où se fêle mon armure de sceptique en acier trempé.

 

Ainsi l’on m’apprend que Philippe Favier, mort sur la route, se serait endormi au volant. Or le titre de sa dernière exposition, à Lyon, cet automne, où il m’avait invité à signer Ohé Pimoe, était Andormi, anagramme de Morandi, le peintre italien de natures mortes auquel il rendait ainsi un hommage à sa façon (Philippe dissimulait volontiers ses conceptions subtiles derrière des calembours).

 

Or, en faisant des recherches sur ce peintre que je connais mal, je découvre qu’il est mort (s’est endormi) le 18 juin 1964, jour où j’ai ouvert les yeux. Et l’on fait quoi avec ça ? Oui, c’est aussi ma question.

  

[Merci à Christian Rosset pour cette très belle lecture de Jaune soleil dans Diacritik.]