Le roman nordique triomphait partout, raison pour laquelle je tentai aussi de m’illustrer dans le polar scandinave, considérant que le filon ne pouvait être ainsi confisqué par les natifs de la péninsule. Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je formai un tandem de flics constitué d’un Danois et d’une Suédoise poursuivant un tueur en série finlandais qui assassinait de jeunes Norvégiennes en Islande.
Peu familier de ces contrées, pour ne pas
m’embarrasser de descriptions, je plaçai l’action durant la longue nuit
polaire, ce qui rendit son déroulé un peu confus, je dois le reconnaître. Au
terme du premier chapitre, le cadavre de l’enquêtrice suédoise était découvert
au Danemark par le tueur en série Finlandais, un harpon en os de fabrication
islandaise planté dans le cœur. Tous les soupçons convergeaient vers une jeune
Norvégienne.
Le livre ne reçut pas l’accueil que j’avais
espéré. Peut-être avais-je eu également le tort de prendre pour pseudonyme le
nom du fameux volcan islandais, Eyjafjallajökull,
dans l’idée qu’il serait déjà connu du public, mais qui, dans les faits,
compliqua singulièrement les commandes en librairie (certains malheureux, me
dit-on, reçurent des livres d’Ericemmanuelschmitt, nuage de voyelles et de consonnes plus suffocant encore).