Ce matin, au sortir d’un rêve agité, Agathe C. s’éveilla, transformée dans son lit en une adorable jeune femme de 18 ans !
Et c’est à n’y rien comprendre car je l’ai
laissée hier soir endormie dans son berceau, non sans avoir dix secondes auparavant déposé
un baiser sur son front, puis chanté douze heures durant Petit escargot
porte sur son dos sa maisonnette, puis encore allumé la veilleuse et le
babyphone avant de quitter sa chambre pour y revenir aussitôt et tirer comme un
forcené sur la ficelle de son mobile afin de relancer une fois encore la mélodie du Lac
des cygnes, composée pour elle par Ilitch Tchaïkovsky en 1877. La prescience
des génies est une chose admirable.
Or ce matin, donc, la voilà qui déboule dans
son pyjama à carreaux, âgée de 18 ans, toujours portée par la musique de Tchaïkovsky, mais avec
une partition de Fauré sous le bras, une raquette de tennis sous l’autre… Ou
serait-il mien, ce rêve agité ?