La paix avait duré trois jours et déjà nos vies s’ennuyaient de la guerre. Nous réarmions frénétiquement. Le métal des crans de sûreté serait mieux utilisé désormais. Nos fils allaient se faire tuer sur le front pour n’avoir pas à payer nos retraites. Fallait-il y voir une forme de désertion ?
L’ennemi prenait en toute bonne foi notre
tranchée pour une fosse commune. Il la rebouchait obligeamment avec ses
pelleteuses nucléaires. Nous nourrissions dès lors des projets de vengeance,
comment vivre sans espoir ?
Beauté sitôt épanouie évanouie. Les visages et
les corps, tout s’était épaissi un matin. Joues et fesses soudain nous
englobaient. Noyer notre folie dans l’alcool revenait à lâcher un comprimé
effervescent dans l’eau claire.