samedi 21 octobre 2017

3444

Lorsque je serai vieux, l’océan aura inondé la mer. La Terre aura coulé à pic. Nous vivrons sur des plateformes flottantes, sous des dômes translucides qui filtreront les rayons mortels du soleil. L’herbe aura malgré tout bien jauni.


Les papillons épinglés dans les collections entomologiques seront pris pour des ouvrages de dame du temps passé, des broches de soie sans doute, dont la mode ne reviendra plus.


Le petit personnel des robots commencera à réclamer des droits. Ils refuseront d’endurer à leur tour une condition dont les femmes auront eu tant de peine à s’affranchir. Ils s’intéresseront moins à L’Odyssée de l’espace qu’à Spartacus. Nous aurons le flug pour les mater et le programme Terrox nous permettra provisoirement de reprendre la main. Nous resterons cependant sous la menace permanente des détraquistes, et ce ne sera pas drôle.

vendredi 20 octobre 2017

3443

Le maître d’école d’Agathe écrit bonnet avec un seul n. En revanche, il pense bien au double f de professeur. C’est rassurant.


Nous sommes en CM1. Dictées et rédactions relèvent, pour le dire mieux, de la production d’écrit.


Quant à la géographie, avant de s’intéresser aux fleuves immuables et aux montagnes immobiles, le cours portera sur la passionnante notion de migration pendulaire.


jeudi 19 octobre 2017

3442

On voudrait nous faire croire que notre existence n’est constituée que des événements pourtant extérieurs à elle qui affectent la marche du monde, mais nous n’écoutons que très distraitement, en gratouillant entre ses oreilles le crâne de notre chat, le discours ininterrompu du narrateur qui, de sa voix vibrante de tous les drames, s’imagine raconter notre vie à la télévision.


Le cadavre fut découvert par un chasseur et son chien, dans un taillis de la forêt. Il était encore chaud et portait au cou une plaie sanglante visiblement causée par une arme à feu. Son âge exact restait difficile à déterminer, mais il s’agissait de toute évidence d’une biche encore jeune.


Notre poubelle au soir est pleine d’espoirs réalisés.

mercredi 18 octobre 2017

3441

Lorsque je serai vieux, autres mœurs, tu choisiras ton sexe chaque matin en fonction de ton bon plaisir et de ton programme du jour. Surprise quotidienne et réciproque pour les conjoints au sortir de la salle de bains.


On aura dépollué les rivières en y foutant le feu. Les abeilles auront disparu ; la pollinisation sera assurée par le lumpenprolétariat.


Notre réfrigérateur intelligent saura rôtir la volaille. Tout fonctionnera par reconnaissance vocale ; les muets s’entasseront dans des bidonvilles. Le platch sera définitivement hardcrove et l’espirade interdite entre miasque et valendre. On se consolera avec la 5D.


mardi 17 octobre 2017

3440

Le balai est un outil à double action : son extrémité pourvue d’une brosse s’active sur le sol pour en chasser la saleté, et l’autre, nue comme massue, obtient en frappant le plafond le silence de l’ordure qui vit au-dessus.


Toute œuvre est aussi une épave, désertée par son capitaine et livrée aux pilleurs.


Mais peut-on dire que le réveil accomplit sa fonction si son tic-tac sonore empêche de s’endormir ?

lundi 16 octobre 2017

3439

Lorsque je serai vieux, l’âme aura enfin été isolée. Nous observerons ses réactions à divers gaz, acides et agents chimiques. Inoculée à une souris blanche, elle provoquera l’implosion de celle-ci après quelques secondes. Le rat d’égout la tolérera deux jours.


Toutes les maladies connues auront été éradiquées. On souffrira davantage des nouvelles. Des recherches auront révélé la nocivité de la farine et du lilas, mais nous nous serons réconciliés avec l’arsenic. Les derniers objets en fer achèveront de rouiller.


Le pouvoir suprême sera détenu par un adolescent qui l’exercera depuis sa chambre. On aura aboli les frontières, mais le schlüg reconfigurera quotidiennement les territoires. Les agents de la Crasca veilleront à la stricte observation de la loi Moul inscrite dans le Registre 13.

dimanche 15 octobre 2017

3438

Trouvez-moi une seule différence entre l’étui pénien et la poche à portable ?


une pierre
des ronds
dans l’eau


C’était vieux avant.

samedi 14 octobre 2017

3437

Lorsque je serai vieux, les autres seront devenus trop nombreux sur cette Terre. Guerres et maladies ne suffiront pas à réguler la population. L’homme sera l’épidémie. Il contaminera déjà irrémédiablement de nouvelles planètes en répandant ses spores.


Tout comme les portables individuels avaient remplacé les cabines téléphoniques, des transportables se substitueront aux ascenseurs et aux trains. L’exil sera pour tous la condition permanente de la survie, et le campement des nomades en cours de démontage sera le plus stable des pays d’accueil.


Nous nous incarnerons de moins en moins volontiers. Il sera mieux porté de rester en projet. D’ailleurs, le terme pintade n’existera plus. Copranthropes et philophages occuperont le terrain. Le millegrappe n’aura été qu’un feu de paille.


vendredi 13 octobre 2017

3436

Ce qui est affreux, c’est que les hospices sont aussi des orphelinats.


La pie n’existe jamais qu’à moitié, blanche ou noire selon le fond sur lequel elle se meut. Raison pour laquelle sans doute elle va toujours par deux.


Mais l’inventeur de la cravate ne fut pas mécontent de voir tous les individus mâles nouer comme une évidence autour de leur cou cette chose absurde dont il se demandait que faire.


jeudi 12 octobre 2017

3435

Lorsque je serai vieux, nous serons indéfiniment renouvelables. Chacun apprendra à clipser lui-même dans sa cage thoracique son poumon neuf. La chaussure sera vendue avec le pied. Il y aura une main aussi dans la boîte à gant. Tu changeras de torse comme de chemise.


Nous laisserons plusieurs cadavres derrière nous. Les cérémonies d’obsèques auront été raccourcies. La crémation sera privilégiée mais les plus riches posséderont leur propre cimetière, consacré à leurs seules dépouilles. Ils iront s’y recueillir parfois et méditer sur la vanité des ambitions humaines.


Notre corps augmenté n’aura plus besoin de poches. Le vortoïd aura rendus obsolètes le micro-ondes et la pâquerette. L’usage du rétropédaleur sera interdit. Il nous restera le générateur à induction FRom.3 pour rêver.

mercredi 11 octobre 2017

3434

Au retour du bal costumé, un peu ivre, il se débarrassa de son déguisement devant le miroir de sa salle de bains et soudain se figea : ce n’était pas lui !


Quand le feu découvrit l’homme, il le trouva très semblable au cochon.


Pan ! C’est donc sur son lit de mort que l’on rend justice au faisan.

mardi 10 octobre 2017

3433

Lorsque je serai vieux, oh là, de grands bouleversements se seront produits et il ne sera plus nécessaire d’être titulaire du permis de conduire pour provoquer de graves accidents de voitures. Un virus aura contaminé l’essence. Les donneurs sains seront rares.


Chacun vivra dans un caisson étroit puis s’épanouira après désintégration dans l’Univers sans bornes.


Nos pyjamas seront en syntox alvéolé, le casque sera vendu séparément. Seuls quelques nostalgiques incurables se brancheront encore pour respirer – tous les autres auront opté pour le sans fil. On en sera déjà à la troisième génération de l’ogremon.


lundi 9 octobre 2017

3432

Tu ajoutes une phrase dans un texte déjà beaucoup travaillé, lu et relu, et il te semble alors qu’elle seule vaut quelque chose. C’est pourtant qu’elle n’a pas encore fatigué ton regard. Tu finiras par l’effacer.


L’habit de lumière est donc électrifié. Raison pour laquelle le taureau si adroitement l’évite.


Vivre ne me passionne pas suffisamment pour que je m’y donne à fond.


[Malgré quoi, amis de Toulouse, je serai vendredi soir avec Prosper à la librairie Terra Nova.]


dimanche 8 octobre 2017

3431

Lorsque je serai vieux, nous ne nous reconnaîtrons plus. Notre squelette régnera sur l’armoire aux fossiles. Nous pourrons l’activer à distance. Il fera le ménage en notre absence. Le dernier arbre à feuilles caduques sera un objet de risée.


Le code génétique de chacun sera entièrement décrypté : nous y lirons les noms de nos maladies et de nos amours à venir. La part d’insondable mystère aura tant diminué qu’un crapaud unique logera au fond de ce puits.


La trompette n’aura plus besoin de nous. Les joueurs seront invités à s’éloigner de l’échiquier pour ne pas déranger les pions. Le thrizz dormira pour nous et le mot de passe pour entrer dans l’hypion changera à chaque seconde. Ton froll en sera seul informé.


samedi 7 octobre 2017

3430

Du côté maternel, on ne meurt pas, on meurt de guerre lasse, après cent ans, on meurt quand il n’y a vraiment plus rien à faire, plus rien à tirer de cette vie, c’est la vie qui s’épuise dans le corps trop alerte, ne sachant plus comment occuper encore ce gamin. Reste à savoir de quels gènes j’ai hérités, sachant que, du côté paternel, le premier éternuement emporte son homme.


Si les circonstances l’y incitent, l’athée peut tranquillement abjurer son incroyance sans redouter les foudres d’une instance suprême. C’est un malin.


Elle fend la foule indifférente. Personne ne lui prête attention. Les regards glissent sur elle. Elle se rend à une manifestation qui rassemble tous ceux qui la considèrent comme la plus belle femme du monde.

vendredi 6 octobre 2017

3429

Lorsque je serai vieux, nous n’en serons plus là. Le veau sera dans la pastille et le gratin dans la gélule. Nous aurons le sexe au bout du doigt. Dieu ne sera plus cette spéculation confuse mais un projet sérieux.


Et déjà bien avancé. On aura su retirer le plomb du plomb et la pierre de la pierre sans rien perdre de leurs propriétés.


Les plus véloces feront le tour de la galaxie en huit nanolaps à peine (mais on les soupçonnera de se défragmenter sournoisement le flexum pour profiter de l’onde 23). Dès que nous serons las du ooz, il sera remplacé par un bracht. Mais le bracht nous fera regretter le ooz.

jeudi 5 octobre 2017

3428

Or la grotte ornée de Lascaux est un fac-similé en pierre de l’œuvre originale trop fragile peinte à l’intérieur d’une paupière.


Comme il était seul sur ce banc, j’ai cru qu’il s’agissait d’une chaise et me suis assis sur ses genoux.


Sa veuve hésite à faire parvenir à tous ses amis les hommages posthumes tendrement émus qu’il fignolait depuis des années pour chacun d’eux avec l’intention de la lire à leurs funérailles, des sanglots dans la voix.



[Les éditions de L’Arbre vengeur ont eu l’idée généreuse autant qu'insensée de publier en un seul volume monumental les dix années de l’Autofictif, sous le titre L’Autofictif ultraconfidentiel. Ce volume comprendra donc les neuf premiers tomes déjà parus ainsi que le dixième, qui ne sera pas publié séparément, et une longue préface inédite. Le livre sera en librairie mi-janvier, mais il est possible de se le procurer dès le mois de décembre, par souscription. Je signerai ces exemplaires. L’entreprise éditoriale étant pour le moins audacieuse, je ne saurais trop encourager mon fidèle lecteur et excellent ami à la soutenir !]

mercredi 4 octobre 2017

3427

Lorsque je serai vieux, tout sera différent. Nous serons plus satellitaires que jamais, mais certaines  gammes de rotules nous permettront de changer d’orbite sur simple pression de l’orteil. Manettes et mollettes ne serviront plus. Le mot manivelle aura disparu.


Nos corps seront faits d’un alliage léger de cellules et de métaux très finement usinés, traités contre la rouille et l’aimantation. Nos cheveux ne crépiteront plus dans le feu de nos sourcils.


Nous passerons nos commandes de gélules de plutonium et de zupLL en pianotant sur nos dents. Nous modéliserons l’information dans les zones intermédiaires qui se seront multipliées jusqu’à occuper tout le territoire. Nous aurons l’Icrone pour nous distraire du sunblow.


mardi 3 octobre 2017

3426

On prétend souvent que le milieu littéraire est sans moralité. Gangrène et corruption à tous les étages, dit-on. Je m’inscris en faux. Et j’en veux pour preuve que Prosper Brouillon, membre influent de la plupart des jurys des grands prix d’automne, s’est modestement entremis afin que le vibrant plaidoyer que je lui consacre ne figure dans aucune sélection. Comment écarter plus élégamment l’affreux soupçon de copinage ?


Il allait mourir tout blême et racorni. Il a préféré s’envelopper superbement dans la cape de son sang.


L’homme qui confectionna le premier chapeau aurait aimé, je crois, que l’on ouvrît le débat pour décider de l’utilisation la meilleure de cet objet énigmatique plutôt que de voir chacun s’en coiffer immédiatement comme on mouche une chandelle et comme s’il s’était agi d’empêcher d’autres idées plus lumineuses de naître.

lundi 2 octobre 2017

3425

Lorsque je serai vieux, ça n’aura rien à voir. La puce de mon lobe frontal connaîtra le tamoul et le créole mauricien. Une application scrotale avertira mon pénis sans me consulter dès que s’écarquillera aux alentours une fente consentante, puis ils seront géo-téléguidés l’un vers l’autre jusqu’à l’emboîtage.


Mon sperme infécond et d’ailleurs inutile jaillira à jet continu cinq heures durant mais je ne me trouverai pas si bêtement piégé qu’aujourd’hui et pourrai me livrer simultanément à des jeux de combat dans un espace parallèle.


La mort sera un fait historique avéré duquel nous serons pourtant de plus en plus nombreux à douter. Elle ne frappera que les robots, chaque génération nouvelle au matin éradiquant la précédente. On aura le cluck à portée de main toujours pour fibriller nos antennes masse et il te suffira de le vouloir pour que ton qylon aussitôt s’influse de l’aéro à la stratosphère.

dimanche 1 octobre 2017

3424

Et de même, le premier cordonnier qui confectionna une chaussure dans une pièce de cuir s’offusqua de constater que tous ceux à qui il présentait son invention introduisaient aussitôt leur pied dedans en lui demandant « où est l’autre ? ».


Plus il développe son arsenal défensif, plus le crabe nous met en appétit. En fait d’huile bouillante, il servira bientôt la mayonnaise à ses assaillants.


Qui lit encore Eric Chevillard de vos jours ?

samedi 30 septembre 2017

3423

Le cannibale du Poitou aurait entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions de sa détention et réclamer des gardiens plus tendres.


(puis s’ils pouvaient être nappés de sauce gribiche ?)


Le sumotori chasse sans ménagements le pique-assiette. Ce goinfre veut rester seul dedans.

vendredi 29 septembre 2017

3422

Avec ses deux maigres moignons désespérément tendus vers le ciel, l’échelle semble toujours au fond du trou.


Il y a dans la vitre un caillou brisé.


Et dans le bois de la bibliothèque le livre qui contient tous les autres.

jeudi 28 septembre 2017

3421

Avec sa fine armature de bois léger tendue de papier soie, ce paravent sera bien au contraire un parfait cerf-volant.


– Quoi ?! Jorge Mario est devenu pape ?!
– On le dit.


Elle tira d’un coup le double rideau de ses paupières. Il me sembla pourtant qu’elle s’activait derrière. Quand elle le rouvrit, en effet, deux pistolets étaient braqués sur moi.

mercredi 27 septembre 2017

3420

L’homme qui cousit le premier pantalon ne pouvait évidemment pas deviner l’usage qui serait fait de son étrange invention.


C’est parce qu’elle a embrouillé sa ligne que l’araignée, renonçant à la truite, se résigne à manger sa mouche.


L’infirmière était nue sous sa blouse, hé hé, mais il était mort sous son drap.


mardi 26 septembre 2017

3419

Tel le caillou qui s’enfonce à pic dans son puits tout en élargissant son cercle en surface – l’écrivain.


Pince le mort : il rêve qu’il est vivant.


Sa bonté me rudoie. Elle tient de la foudre la recette de ses confitures.


[Et donc, nous nous voyons jeudi, n’est-ce pas ?]

lundi 25 septembre 2017

3418

On répète à l’envi et non sans mépris que l’homme contemporain a été réduit à la condition de consommateur. C’est faux : il a des trucs à vendre aussi.


Le fruit de saison, les trois-quarts du temps, n’est qu’un souvenir ou un espoir qui manquent de jus.


Le bond du crapaud, ou le rejet de la greffe.

dimanche 24 septembre 2017

3417

L’employé de la morgue déverrouille la porte, extrait le tiroir roulant, puis l’inspecteur soulève le drap et découvre ma tête qui opine : c’est bien moi.


Le jour, c’est une volière de perroquets et, la nuit, une bibliothèque.


Le cerveau qui a conçu l’idée du grelot exprimait un rêve.


samedi 23 septembre 2017

3416

Tu te trouves à chaque instant au carrefour des pentes qui font la Terre ronde. Quel que soit ton désir de t’élever, tu ne pourras jamais que descendre.


On a quand même plus vite fait de dessoûler que de dessaouler.


Dieu dispose d’Internet depuis le début des temps – l’hypertexte, le code, les connexions, les liens, il s’en est bientôt lassé. Aujourd’hui, il ne consulte même plus ses mails.


vendredi 22 septembre 2017

3415

Les branches flexibles du noisetier font les meilleurs arcs. L’écureuil nourri de ses fruits exécute lui-même sans effort des bonds de dix mètres.


– Vous avez Alzheimer.
– Ah, enfin ! Je savais que tôt ou tard ce prix me serait attribué.


Il a été dévoré alors qu’il surfait sur Internet par un requin qui l’a pris pour Samuel Morse.

jeudi 21 septembre 2017

3414

Chaque matin, Louis, 6 ans, guide à travers rues son père aveugle qui le conduit à l’école.


Cette cigarette-là m’embête – elle veut être inhumée !


Le funambule enfila au sortir de la machine ses vêtements mouillés afin de les faire sécher sur son fil.

mercredi 20 septembre 2017

3413

Je suis un peu surpris. L’exécuteur testamentaire de Pierre Bergé ne m’a toujours pas fait part de ses dispositions à mon égard… ?


Le portrait de la ravissante jeune femme qu’elle était il y a vingt ans quand elle commença à écrire orne encore aujourd’hui le rabat de ses livres. Mais les derniers sont bien meilleurs que les premiers.


Et zut ! j’ai encore enfilé à l’endroit mes gants en daim retourné !

mardi 19 septembre 2017

3412

Tu as sur ta table un épais manuscrit. Ton roman est bien avancé. S’ouvre devant toi la dernière ligne droite, légèrement inclinée, que tu vas avaler tout schuss et sans effort.


C’est alors que l’idée d’un autre livre sans aucun rapport s’impose à toi, impérieuse, qui exige que tu lui consacres immédiatement tout ton temps, toutes tes forces. Météorite foudroyante qui ordonne un nouveau monde et abolit l’ancien.


Et tu te retrouves tout excité et un peu con devant la dépouille de ton dinosaure.

lundi 18 septembre 2017

3411

805… 806… 807… j’en étais là du décompte des brins d’herbe de mon jardin lorsque je m’avisai qu’ils avaient poussé si dru sur l’allée gravillonnée et que ma pelouse restait ce triste paillasson pelé.


J’interpose la peau de mes paupières entre mon œil et toi – ainsi je te vois nue.


Tu n’iras ni plus à l’ouest ni plus à l’est ni plus au sud ni plus au nord : l’échelle est une cage suffisante.