mercredi 20 avril 2022

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Rentrant chez moi, dans la nuit, quelque peu ivre, d’une soirée entre cousins, il me parut opportun de saluer au passage Nino et Dina Egger, mes plus proches voisins sur l’île, décédés hélas au mitan des années 80 d’un autre siècle, et j’entrai donc dans le cimetière, éclairé par la seule lune propice, indéfectible amie du noctambule, jamais lasse de son soliloque délirant (tellement d’autres amoureuses vous lâchent du jour au lendemain sans explication), et, tant il est vrai aussi que le zigzag de l’ivrogne reste le plus court chemin entre les tombes, je filai droit jusqu’à leur sépulture où je constatai que le rosier qui l’ornemente avait gardé toute sa vigueur, qu’il donnerait bientôt de magnifiques fleurs et qu’il était vraiment, vraiment temps pour moi de publier ce rapport d‘activité puis d’aller m’écrouler sur mon lit si je voulais jouir aussi de leur parfum suave avant qu’elles ne soient fanées et que je ne sois mort aussi.

  

c’est râpé

c’est cuit

c’est un délicieux gratin

 

Or l’homme libre aussi se heurte aux murs de la prison.