mardi 16 novembre 2021

4860

Pour ma part, je peux me regarder dans le miroir sans rougir. Depuis, 1987 et la parution de mon premier livre, je fais ce qu’il faut pour ne pas entamer les réserves, je gère le stock avec modération, en bon père de famille, je veille, j’économise, je décrois, on ne me fera pas ce procès du gaspillage et de la gabegie, je ne gâche de papier que le strict minimum en orchestrant très en amont, dès le processus de création, en usant par exemple du mot adamantin, la modeste distribution future de mes livres. Il y en a qui voient loin, et d’autres dont le nez se casse contre le mur de leur chambrette. La pénurie de papier qui menace aujourd’hui l’édition ne saurait en aucune manière m’être imputée. Je connais, en revanche, certains écrivains dont la responsabilité est très compromise dans cette affaire et qui vont mal dormir cette nuit. Tant pis pour eux. Tout se paye. Tout a un prix. Et pour la gloire, cela se confirme aujourd’hui, il s’agit même d’une rançon.

 

Le pain quotidien devint un hebdomadaire, puis un mensuel.

 

Le tabagisme passif a tout de même du bon ; l’alcoolique n’est-il pas sans cesse obligé de lever le coude lui-même ?

 

[Malgré tout, le prochain volume de ce journal, L’Autofictif nu sous son masque, paraîtra en janvier. Comme chaque année, l’éditeur propose une souscription pour les lecteurs qui souhaiteraient recevoir le livre dédicacé (ainsi que le masque sous lequel en effet je suis nu).]