mercredi 9 juin 2021

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Il y a l’éléphant. Il y a la porcelaine. Il y a l’éléphant de porcelaine.

 

Il y a l’ancienne blessure qui se rouvre et le cri qui monte enfin. Il y a celui qui porte sa honte comme un étendard. Il y a celle qui ne dort plus depuis que la nuit fut si longue. Il y a celui qui cherche sa mère en chaque femme et ne trouve jamais que son père en lui. Il y a celle qui en plus est jolie. Il y a celui qui pourtant est noir. Il y a la velue autoproclamée. Il y a le garçon qui danse dans sa robe neuve. Il y a les sexes dos à dos. Il y a le vieil enfant ahuri qui apprend qu’il règne en despote sur le monde. Il y a des phrases qui se disloquent à force de trembler de peur.

 

Il y a un monde innommable peuplé de solitudes effarouchées.