mardi 8 juin 2021

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Hier soir, à la Maison de la poésie, crinière hérissée par le vent de la course, Christophe Brault a parcouru de sa foulée féline la 17e étape de son Marathon autofictif. Assis au premier rang comme à l’accoutumée, je soutenais discrètement son effort de mes rires sonores, de mes hourras tonitruants, de mes applaudissements frénétiques, lorsqu’il se produisit un phénomène étrange et plutôt angoissant, je le confesse.

 

Soudain, j’ai senti dans mon dos comme un frémissement, comme une onde de chaleur. Mes instincts de conservation et de survie aux abois avaient détecté une présence… De l'ancien français présentiel. Une présence ! Dans un théâtre ! Christophe et moi n’étions pas seuls dans la salle, nous adonnant l’un et l’autre comme depuis plus d’un an à nos petites voluptés secrètes vraisemblablement incompréhensibles sinon répréhensibles pour autrui.

 

Je vous laisse imaginer mon effroi puis vomir sur vos chaussures. Qui donc avait réussi à s’introduire dans ce lieu non essentiel en ces temps apocalyptiques où il est recommandé de ne fréquenter personne et de ne pas trop non plus se toucher soi-même ? Craintivement, je me retournai… et je les vis… ils étaient là, tapis dans la pénombre… les zombies… des zombies, quoi d’autre ? Je parvins à m’enfuir par les coulisses… je suis sans nouvelles de Christophe.