lundi 17 mai 2021

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On n’a guère apprécié ici et là que la jeune poétesse afro-américaine Amanda Gorman puisse être traduite en langue étrangère par des individus non noirs et possiblement même, infamie suprême, non femmes ! Je partage cette incompréhension et cette colère.

 

J’ai vécu personnellement dans ma chair la même expérience douloureuse. Ainsi les traductions récentes de L’Œuvre posthume de Thomas Pilaster en anglais et de Ronce-Rose en italien sont le fait de deux traducteurs barbus. Or je suis moi-même imberbe et je n’ose en conséquence imaginer les approximations et contresens hirsutes qui dégradent leurs versions de mes romans. Comment pourraient-ils, en effet, entrer dans mes vues, comprendre ce qui se joue dans mes phrases, avec tant de poil sur le menton ? Il m’a même semblé voir luire un reflet roux dans la barbe de l’Italien ! On nage en plein délire.

 

Si ces deux-là veulent y revenir, j’exigerai qu’ils se rasent d’abord !