mardi 20 avril 2021

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Et j’en arrive à penser que la plupart des écrivains, sinon tous, vraisemblablement tous, sont des joueurs de bilboquet ratés ou contrariés. Ils ont secrètement tenté quelques lancers, autant d’échecs humiliants, et se sont alors saisis, de guerre lasse et en désespoir de cause, d’un stylo qui traînait là.

 

Or le stylo s’est révélé d’un maniement beaucoup plus simple que le bilboquet, en effet. Plutôt que cette indomptable ficelle au bout, un mince et docile filet d’encre…

 

Et ce mince filet d’encre lui-même ne se trouvait pas relié à une lourde et redoutable boule de bois – car le bilboquet est doublement un casse-tête : masse d’arme terrifiante du guerrier accompli et complexe jeu d’assemblage pour esprits ingénieux –, mais à ce que l’on voulait bien y attacher, d’insignifiantes sottises, de futiles idées ou n’importe quel autre objet biscornu. Une aubaine pour ces incapables qui firent donc du stylo leur hochet et leur fétiche.