lundi 12 avril 2021

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Abandonné à la naissance dans une forêt, élevé par les bêtes sauvages, il n’en sentit pas moins s’éveiller en lui, à l’adolescence, au fond de sa tanière, une impérieuse vocation d’écrivain. C’était évidemment un trouble incompréhensible pour cette intelligence enténébrée ; il déchiqueta un faisan en éparpillant ses plumes et crut avoir accompli son destin. Il se roula en boule et s’endormit, plein de contentement.

 

Quoi ?! Ce serait uniquement parce qu’il a le nez blanc et la queue verte que le radis n’aurait pas droit à son bocal comme n’importe quel autre poisson rouge ?!

 

Vieillir, c’est évidemment me rapprocher de la mort qui me prendra, c’est aussi laisser de plus en plus loin derrière moi toutes celles auxquelles j’ai de justesse échappé, me dis-je, revigoré, avec le soupçon toutefois que mon optimisme me perdra.