mercredi 3 février 2021

4592

On nous muselle. Le masque est le bâillon qui étouffe nos râleries, nos râles et nos toux divergentes. Nos baisers aussi y laissent leurs couleurs, comme les papillons lamentables pris dans la gaze du filet. Puis on les chloroforme. Une épingle les pourfend. Motus, amours mortes et bouches cousues.

 

Croyons-nous sérieusement que la surpopulation humaine compensera la disparition des baleines et des éléphants ?

 

Les élastiques du masque chirurgical nous sont cependant indispensables aussi désormais pour accrocher notre sourire entre nos deux oreilles.