vendredi 15 janvier 2021

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Julien Gracq a exigé par testament que ses ultimes carnets ne soient publiés que vingt ans après sa mort afin d’épargner les susceptibilités que pourraient froisser ces notes impitoyables. Et je me demande en effet quel paysage décrié pourra en prendre ombrage, quelle colline humiliée entrer en éruption, quel fleuve hors de lui inonder ses berges et noyer les bergères… ? Ça va chauffer ! Vivement 2027 !

 

MOI – Je fais du sport, je ne bois ni ne fume, je mange sainement…

LA MORT – Allons, s’il vous plaît, ne rendez pas les choses plus difficiles.

 

L’autorité prêtant désormais à rire et, moi-même, distribué à contre-emploi dans le rôle terrifiant du père de famille, riant le premier de mes sommations et objurgations tempétueuses, j’ai opté, soucieux malgré tout de l’éducation de mes filles, pour la supplication. Et c’est donc à genoux que je leur demande de bien vouloir, s’il vous plaît, mes chéries, éteindre l’ordinateur, réviser vos leçons et débarrasser la table.