dimanche 25 octobre 2020

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Hier, à la Maison de la poésie, Christophe Brault aura sans doute parcouru la treizième étape de son Marathon autofictif. Je n’y étais pas. Actuellement planqué en zone libre, je n’allais pas de mon plein gré rejoindre une capitale soumise aux strictes réglementations et à la cruelle prohibition d’un couvre-feu. J’ai soif, moi. Sur le coup de 21h, il me faut un bar à vin. Deux heures passent et, afin de varier les plaisirs, je gagne en titubant le troquet voisin. Plus tard encore, puisque la pente s’y prête, je roule jusqu’au bistrot le plus proche. Enfin, chacun se débrouille avec sa conscience, mais, pour ma part, je ne suis pas du genre à assister à un spectacle qui se joue sous l’Occupation.

 

Le plus beau jour de ma vie fut à n’en pas douter celui où j’ai compris qu’il n’était pas nécessaire de se frapper les rotules avec un maillet de caoutchouc pour distribuer autour de soi des coups de pied au cul !

 

Le temps est compté pour les girafes, trop semblables à de grands sabliers ; leur tête qui rêvait dans les nues s’effrite implacablement, ruisselant en grains par la pente du cou pour grossir le corps de la bête mourante entassé à l’autre bout – on dirait même qu’il ne leur reste plus qu’une poignée de secondes à vivre.