dimanche 5 décembre 2021

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Or il est certaines personnes, depuis bientôt deux ans, que nous ne rencontrons que masquées. Nous voyons leurs cheveux grisonner, leurs fronts se rider, leurs oreilles s’allonger, des pattes d’oie s’inscrire au coin de leurs yeux. Le temps passe. Impossible de savoir, en revanche, comment ce vieillissement transforme le bas de leur visage, depuis le nez jusqu’au menton, et nous nous le représentons tel que notre souvenir nous le conserve. En résultent de drôles de têtes, usées, ravagées, décaties au-dessus, fraîches et inaltérables au-dessous, chimères temporelles – la nouvelle figure humaine.

 

Je suis inquiet pour mon avenir. Un jour, il ne sera plus que du passé.

 

Nos yeux éteints ne nous permettent pas de voir les beaux rapaces nocturnes. Mais ceux-ci, en revanche, la nuit venue, se perchent sur les armoires de nos chambres, sur le chevet de nos lits, et nous contemplent.