mercredi 28 avril 2021

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L’âne est à la retraite dans nos contrées. Rares sont les brutes qui lui demandent du saucisson. Il n’est plus d’aucune utilité, mais demeure un ornement du paysage. Sa légendaire paresse – ou réticence – a obtenu gain de cause. Ses vertus de robustesse et de courage, non moins notables pourtant, ne valent pas celles des machines qui abattent sa besogne. La vache l’envie un peu. Elle se doute qu’on ne lui laissera pas la jouissance d’un pré quand son veau ne sera plus au menu.

 

Arrachant des mauvaises herbes dans l’allée, je me surprends à répéter le petit geste saccadé que faisait mon père, et une douce émotion m’envahit. Puis je me reprends : il n’y a pas non plus trente-six façon d’arracher les mauvaises herbes.

 

L’enfant grandirait-il s’il ne s’arrosait quotidiennement de larmes ?