dimanche 25 avril 2021

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Il lui offrit en rougissant un peu une poignée de ronces qu’elle planta dans un vase à côté des somptueux bouquets de roses de ses nombreux autres prétendants, afin de l’humilier et de lui faire bien comprendre que ses chances étaient minces.

 

Puis elle le chassa avec mépris.

 

Le lendemain, en pénétrant dans son salon, elle constata que toutes les roses, défraîchies déjà, perdaient leurs pétales et que leur parfum, éventé, lui piquait désagréablement les narines. Mais le bouquet de ronces était garni de belles mûres, charnues et sucrées, et aussi gai qu’un sapin de Noël… Or c’est au couvent, dans sa cellule, que la princesse orgueilleuse en se tordant les mains médite ce petit apologue (écrit dans le monastère où je me suis moi-même retiré, la queue entre les pattes, avec tous les autres chiens battus).