dimanche 11 avril 2021

4659

Les idées viennent, j’écris avec aisance, mais voilà que j’arrive au bas de ma page et je pressens déjà ce qui va se produire, inexorablement, comme à chaque fois que se réduit l’espace sur ma feuille : ma pensée se bride, retient ses lignes et ses flèches (sans parler de ses javelots), toute en mesure et tâtonnements désormais, en hésitations, en retraits, je vais avoir bien du mal à remplir ces trois centimètres de blanc, avant de tourner la page, enfin, et retrouver l’espace nécessaire à l’élan et au jet (pour ne rien dire de mes fusées). L’écriture, c’est aussi ce genre d’expérience, ou ne serait-elle que cela ?

 

Le premier à s’endormir est le livre que tu tenais entre tes mains, il tombe, et ta tête suit.

 

Il est passé à travers son pare-brise et y a laissé la moitié de son visage. Il se demande maintenant s’il ne retrouverait pas sa belle gueule d’autrefois en passant à travers le rétroviseur.