jeudi 18 mars 2021

4635

Comme nous étions dix et qu’il n’y avait que cinq cerises, nous dûmes nous résoudre à les partager en deux. Or tandis que les autres s’étripaient à coups de fourchettes et de couteaux, je choisis de partager mon fruit avec le sage du groupe. Je savais qu’il ne raterait pas l’occasion d’un petit apologue et opterait pour le noyau – en vertu de la promesse que celui-ci contenait, à venir dans vingt ans, des milliers de cerises –, me laissant pour l’heure déguster seul la chair juteuse et sucrée de la guigne.

 

Tomber d’accord : ko ok.

 

Il a mis fin à ses jours en se jetant à toute vitesse droit devant lui dans le temps.


[Et pourtant, ce soir, à 19h, le marathon autofictif en direct de la Maison de la poésie]