mardi 17 novembre 2020

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Eh oui, tel que vous me voyez, mais revêtu alors d’une aube blanche tissée de fils de probité candide véritable que je ne porte plus guère, j’ai servi la messe deux années durant. Et si je n’ai jamais rencontré au cours de mon ministère un seul prêtre pédophile, j’estime en revanche avoir en ma possession suffisamment d’éléments accablants pour intenter à l’Eglise un procès pour prévarication, escroquerie, détournement de fonds et vol sur personne vulnérable.

 

En effet, les fidèles qui commandaient au curé une messe d’action de grâce ou les proches du défunt, à l'issue des cérémonies d’obsèques, offraient volontiers un pourboire au doux enfant de chœur dont le visage d’ange et les gestes délicats avaient accompagné gracieusement durant l’office les grognements liturgiques et la pesante pantomime du ratichon. Mais ce dernier, à chaque fois, sitôt ses paroissiens hors de vue, raflait la mise et me confisquait la monnaie au prétexte fallacieux de financer une sortie de campagne qui ne se fit pas.

 

Or je n’ai jamais gagné autant d’argent qu’avec ce job dominical et, maintenant que les temps sont durs, j’apprécierais de rentrer dans mes fonds. J’invite les autres victimes éventuelles de ces abus à se faire connaître et nous engagerons tous ensemble un avocat pour négocier avec le Vatican le prix de notre silence.