dimanche 17 mai 2020

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Donc – mon Dieu, quel miracle, j’ai encore survécu ! –, Conversations à la table de ping-pong (ou Conversations de table de ping-pong) pourrait en effet être le titre d’un livre de dialogues tout à fait divertissant et même instructif. C’est bien simple, je n’accepterai plus désormais d’être interviewé qu’avec une raquette à la main.


Car j’en ai eu de belles, au cours de ma vie, des conversations du tac au tac (du ping au pong), de part et d’autre (d’un bout à l’autre) de cette table, tantôt verte, tantôt bleue, avec mon cousin, mon père, mon frère, mon neveu, quelques amis (chacun son tour), avec Agathe ces jours-ci. C’est un lieu et un moment particuliers où la parole s’échange comme la balle, sans doute un peu creuse (c’est-à-dire refermée sur un morceau de ciel estival) mais rebondissante, et qui claque, avec des séquences paisibles, avec de cinglantes reparties, avec des effets imprévus de slice et des tentatives chinoises (raquette retournée, folie orientale) qui souvent lamentablement échouent.


Alors il faut les ramasser dans l’herbe, dans les roses, derrière les vélos, la balle, la parole, on les perd, on les cherche, on marche dessus, on les écrase, on en change (on en a tout un stock). J’aime beaucoup ces échanges. C’est quand tu veux.