vendredi 20 mars 2020

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Journal du confinement (Septième jour) – En ces temps de réclusion dans la cellule familiale, l’idiome propre aux membres qui la composent, fait d’interjections, de demi-mots et d’inventions verbales approximatives tend à devenir notre seul langage. Il sera sans doute bien difficile de se réadapter ensuite à la vie en société quand la saloche magnole sera enfin crockback.


Nous allons devenir de plus en plus incompréhensibles et amphilâges pour les ostrotruis. C’en sera fini de l’arrumba et du patientiment.


Adieu virmoust ! Adieu zélons ! Nous nous racracolerons entre zibes et zubes. Prenons garde, donc, insensiblement s’effrite et s’enlubine notre socle d’havraise, notre commune biselle.


[Malgré ce risque, aussi longtemps que durera le confinement, je tiendrai une chronique quotidienne pour Le Monde, intitulée Sine die… On peut lire la première (aux trois-quarts seulement si l’on n’est pas abonné) en suivant ce lien.]