lundi 16 mars 2020

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J’ai fracassé la bouteille qui contenait ce trois-mâts avec l’espoir de trouver au moins un petit baril de rhum dans sa cale.


Parfois, les fantasmes se désactivent. La scène mentale autrefois si excitante ne rassemble plus que des comédiens sur le retour aux défroques ridicules et fripées qui ne croient plus en leur rôle.


Journal du confinement (Troisième jour) – J’ai coupé une branche fourchue dans le cerisier pour m’en faire une fronde. Après quelques tirs imprécis, j’ai réussi à tuer un rat dans la cave. C’est une viande fétide, âcre, coriace. Mais nous devons rationner les vivres. Sans doute avons-nous eu tort de la manger crue. Mais il faut économiser les allumettes.


[Et c’est bien uniquement parce que l’on ne peut plus se procurer mon livre que je signale avec reconnaissance cet article, Danser sur les ficelles des Parques, d’Hicham-Stéphane Afeissa, qui pourrait aussi bien être intitulé Néanmoins Monotobio sera élucidée, pour parodier le titre d’un très beau poème des Epiphanies d’Henri Pichette, Néanmoins la vie sera élucidée.]