mercredi 15 janvier 2020

4225

Que ferai-je de mon corps malade ? Aurai-je la patience de le soigner ? Soudain me vouer à lui qui ne m’a jamais beaucoup intéressé, à l’exception de quelques-uns de ses capteurs sensibles, le vin dotant les papilles d’une certaine intelligence. Mais dorloter mon rein lézardé ou mon estomac bulbeux, quotidiennement conduire en ahanant mes poumons à l’hôpital pour de longues stations dans les salles d’attente, quand le jour de ces réjouissances promises sera venu, vraiment je me demande quel courage je me découvrirai : celui de vivre ou celui de mourir ?


Serait-ce une ruse destinée à tromper l’ennemi et à déjouer son tir mortel ? Le cœur humain n’est pas au centre de la cible.


Certes, je ne cueille pas les olives que je mange, mais je peux m’enorgueillir en revanche de n’avoir jamais demandé à personne de recracher leurs noyaux pour moi.