lundi 18 février 2019

3912

– Je ne veux pas de ta sympathie, me dit-il, et il me cassa le nez. – Je comprends, répondis-je. – Je ne veux pas de ta compréhension, me dit-il, et il me déchira le flanc. – Ce n’est pas grave, répondis-je. – Je ne veux pas de ton indulgence, me dit-il, et il m’arracha un œil. – Je ne t’en tiens pas rigueur, répondis-je. – Je ne veux pas de ton pardon, me dit-il, et il me brisa un genou. Alors je le priai de m’excuser si mes réactions l’avaient choqué et je rentrai chez moi comme je pus, en me promettant de lui envoyer des fleurs.


Mais pourquoi en effet, se dit Proust, arrêter ma phrase en si bon chemin ?


Ne te réjouis pas trop vite, le regret viendra bien assez tôt.


[Parution aux éditions del Vecchio de la traduction italienne de Palafox par l’excellentissime Gianmaria Finardi]