mardi 12 juin 2018

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Nous étions douze. Notre avion en panne de moteur avait pu se poser sur ce plateau enneigé, inaccessible, cerné de pics abrupts.


Nous endurâmes d’abord bravement les privations. Puis cela devint dur, et bientôt insupportable. Si bien que lorsque l’un de nous périt, nous n’hésitâmes pas longtemps.


Et découpâmes proprement son corps avec un grand couteau pour prélever ses boyaux dont nous fîmes un jeu de cordes, tendu ensuite et accordé sur sa cage thoracique. Puis nous perçâmes de trous ses tibias vidés de leur moelle qui sonnèrent comme de vraies flûtes. Et alors enfin nous pûmes nous rassasier de musique.