samedi 30 décembre 2017

3514

Oh non ! me suis-je écrié ce matin en extrayant de ma boîte aux lettres un manuscrit du jeune Madelin Toutenpoix que j’appellerai ici M.T., par discrétion, afin de ne pas jeter son nom en pâture aux esprits moqueurs.


M.T. m’adresse régulièrement ses textes alors que je ne lui ai répondu qu’une fois, et ce par l’intermédiaire de mon avocat, pour exiger l’arrêt immédiat de ses envois sous peine de poursuites. Il écrit comme s’il jouait aux échecs avec des figurines de cire sur une tôle chauffée à blanc et, même si je ne fais jamais que parcourir les premières pages du bout des cils, comme on chasse des pensées importunes, j’ai l’impression à chaque fois d’être précipité moi-même dans le marécage des situations insolubles.


Et ce même malaise gluant aujourd’hui encore me tourne le cœur tandis que je referme Le Vent qui venait de la mer, premier volume d’une saga qui devrait se clore, précise M.T. dans sa lettre, sur le récit de mes funérailles.