jeudi 21 décembre 2017

3505

Avec de brusques accélérations sans perte de contrôle et des lenteurs mesurées, en jouant finement de la pédale, il a manœuvré pour s’introduire par le porche étroit. À quatre mains ensuite, accompagné de son partenaire aussi doué que lui, il s’est penché sur le piano et, alternant glissandos audacieux et vivaces déconcertants, ils lui ont fait passer avec maestria deux portes pour arriver enfin dans la chambre au fond de laquelle ils l’ont posé, contre le mur, dans un final éblouissant, pile au centre. Hommage aux transporteurs virtuoses qui nous ont livré hier un Pleyel (de bonne occasion) pour Agathe.


La truite fuse hors de son nom.


(Point d’ivoire pour les touches blanches du clavier, nous n’avons braconné que l’ébène de l’éléphant pour les noires.)