lundi 18 décembre 2017

3502

Tout objet est encombrant parce qu’il n’est pas à sa place, laquelle est ce point précis du monde d’où il fut brutalement arraché, où demeure sa forme en creux, invisible à nos yeux, qu’il cherche à rejoindre à la faveur du constant remue-ménage des héritages, déménagements, reventes, dons, vide-greniers, pertes, liquidations, bazardages, trocs, sans jamais renoncer à cet espoir.


L’oxygène commençait à manquer. La trompette gisait inerte sur le sol. Seul le fifre respirait encore.


(Et à chaque fois que tu le prends pour boire, ton verre s’imagine sans doute que tu vas le reposer dans son trou.)