jeudi 19 janvier 2017

3187

Aucune invention stylistique, pas une métaphore, pas un trait d’humour paradoxal ou de poésie, la littérature aujourd’hui célébrée développe l’écriture grise et neutre qui convient à son propos sociologique. Les critiques de presse l’acclament – elle recoupe en effet les champs d’investigation du journalisme –, les lecteurs s’y précipitent, jamais las, semble-t-il, de cette réalité qui les aliène. Moi, je fais la grève. J’envisage de créer un syndicat.


SUZIE – Dieu, il n’a pas de tête, il n’a pas de bras, donc il n’existe pas !
CÉCILE – Il n’a pas de corps…
SUZIE – Il a quoi alors ?


Et tout en décrétant suavement la fin des genres et des prérogatives féminines touchant les soins de la maisonnée, tous les hommes aujourd’hui s’hirsutent de poil au menton comme des guerriers barbares.


[Parution aujourd’hui du neuvième volume de ce journal, L’Autofictif à l’assaut des cartels]